...et aujourd’hui, ils réunissent, avant les élections, autour de la piste, tous les acteurs et spectateurs pour les amuser. Tout le monde est maintenant présent, le spectacle peut commencer. Plusieurs chameaux ouvrent le spectacle, auxquels sont attelées deux caravanes partisanes, qui marchent lentement en parallèle en évitant toute remise en cause. De temps en temps, ils se crachent au visage, c’est normal, c’est dans la nature des chameaux ! Malgré cela, les caravanes ne changent pas de trajectoire. Peut-être pensent-elles au prochain oasis, aux retraites, à l’avenir des jeunes, à l’insécurité. Non, ce n’est qu’un mirage, au diable le chômage, le changement, les jeunes... les caravanes passent , les chiens continuent d’aboyer. Vient ensuite le tour du matador, avant l’entrée du taureau dans l’arène. Le taureau, c’est la grosse bête, le peuple démocratiquement souverain, l’entreprise qui trépigne, qu’on aiguillonne et qui saigne de partout. On va maintenant l’attaquer à l’arme blanche avant qu’elle ne soit totalement sans défense. Avant la mise à mort, le matador exhibe sa « véronique » favorite qui permet de détourner le taureau qui charge sur un tissu rouge qui vole au vent. Il existe certes d’autres feintes, mais ne parlons pas de « demi véroniques », de la demi vérité, du quasi mensonge, de la presque promesse et des loyautés de caméléon. La vraie « véronique » en politique, c’est quand on se donne la peine de tisser une cape à la grandeur de l’arène, quand le leurre est tellement gros, tellement mobile, que le matador disparaît. Maintenant c’est au tour des frégates, ces oiseaux qui fréquentent la côte pacifique et qui sont passés maîtres incontestés de la navigation aérienne. A côté, un pélican un peu pataud, tant il sait la supériorité des frégates pour le vol à l’esbroufe, regarde affolé monsieur frégate faire des tonneaux autour de lui, lui barrer la route, le déstabiliser au besoin de l’aile, jusqu'à ce que le pélican laisse échapper sa proie, que madame frégate s’empresse de capter en chute libre. Les frégates ne prennent même plus la peine de pêcher, elles attendent que les espèces moins douées aillent se mouiller à leur place ! Et après on se demande pourquoi les jeunes pélicans n’ont plus le cœur à la pêche ! On peut se demander jusqu’où peut aller l’extorsion ! Il semble d’après l’expérience, qu’il n’y a pas de limite au nombre de couleuvres que les citoyens peuvent avaler. Talleyrand, le prince des diplomates, roi de l’esbroufe, a sauvé la France après la défaite de Napoléon, en bluffant toute l’Europe. Un grand homme certes, mais aussi comme disait Napoléon « une merde dans un bas de soie ». Nous avons aussi nos Talleyrand en politique, avec probablement moins de soie !

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