La loi du 1er juillet 1901 sur la liberté d'association a été votée dans un monde naissant. C'était l'année du radicalisme,dont la doctrine était le solidarisme, qui rejetait le libéralisme individuel et le socialisme collectiviste. A cette époque, nous étions en pleine affaireDreyfus, nous avions perdu l'Alsace et la Lorraine, la France était en pleine conquête coloniale, la loi sur la laïcité de l'enseignement avait à peine vingt ans et le mot «république» n'était inscrit dans la Constitution que depuis trente ans. La loi entérinait la liberté pour des particuliers de créer une association dans le domaine civil, politique, social, culturel et économique. Elle accordait au groupement associatif le droit de se constituer sans aucun contrôle préalable, même pas un contrôle budgétaire. De nos jours, la loi demeure globalement inchangéeet son flousur l'absence de contrôle permet des dérives, sources de corruption. Subventions records. Il se crée actuellement en France plus de 60.000 associations par an, l'Insee, notre institUtnationalde la statistique, est incapablede donner un chiffre exact. Mais ce qui est sûr, c'est que la France estchampionne du monde de l'étatisation, avecune part de subventionsd'argent public qui représentait 130 milliards de francs en 1998, c'est-à-dire plus de 90 %du total des ressources du secteur associatifsans but lucratif. Aux Etats-Unis, les subventions publiques représentent seulement 30 % des ressources, avec un pourcentage de bénévoles trois foisplus élevé et des dons par ménage douze fois plus importants qu'en France. fi faut dire qu'outre- Atlantique les dispositions fiscales sont dix fois plus intéressantes qu'en France, ce qui encourage les partkuliers à donner et même à léguer leur fortUne, s'ils le désirent, aux associationsou auxfondations, en exemption d'impôt. Ces dispositions rendent plus difficilela survie des fils à papa et donnent une base financière solide aux institUtions caritatives. De ce fait, cellesci ont une meilleure vision de leur développement sur le long terme pour construire des liôpitaux, des musées ou des univer-sités. Mais voilà, en France, l'Etat. préfere interdire aux Français de faire des dons en jouant sur une fiscalité très défavorable, tout en ...

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